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Dante Agostini
Biographie
Dante Agostini
Voilà l'homme qui a créé l'apprentissage de la batterie.

Né en 1921 à Mercatello sul Metauro (Italie), il vécut son enfance en France à Sin le Noble, puis à Vitry en Artois (Nord), son père fuyant le régime de Mussolini avec sa famille (3 frères, 1 sœur).
À l'âge de 5 ans, il commence à jouer de la batterie et de l'accordéon dans l'orchestre familial pour animer en fin de semaine l'estaminet tenu par son père dans ce rude pays minier.

Un apprentissage autodidacte de la batterie qui sèvrera Dante pendant longtemps, et qui quelques années plus tard en fera un musicien avide de savoir et de connaissances.

Professionnellement, tout s'enchaîne, les séances de studio, les accompagnements (Luis Mariano, Charles Trénet, Tino Rossi) et surtout la place de titulaire à l'Olympia (à l'époque il y avait un grand orchestre à demeure), où il travaille avec les plus grands noms du show business, Frank Sinatra, Jerry Lewis et bien d'autres.
Parallèlement pour le "plaisir", Dante allait une fois le spectacle terminé jouer dans les boites de jazz de l'époque (Les Trois Maillets, la Huchette, le Chat qui Pèche, le Fürstenberg endroit où il joua pour la dernière fois un soir fatidique d'avril 1980).

Dans tous ces lieux, il côtoie les grands musiciens de l'époque : Kenny Clarke, Art Blakey, Eddy Louis, Dizzy Gillespie, Art Taylor, Philly Joe Jones, Miles Davis, Milt Jackson et bien d'autres noms prestigieux.

Paris dans les années 55-60 était en effet une des plaques tournantes du jazz en Europe.

Ce bouillon de culture be-bop et surtout hard-bop avec les différentes façons d'interpréter un même thème de jazz donnèrent l'idée à Dante Agostini d'interpréter et de travailler ces thèmes à différents tempi et différents débits. Bien avant l'heure c'était déjà le volume 3.

De là naquit le désir d'écrire et de structurer une éducation batteristique qui n'existait pratiquement pas.

En 1965 avec l'aide de Kenny Clarke et de la maison Selmer (facteur d'instrument), Dante créa la première "Ecole" de batterie digne de ce nom.

Ecole ou Jacques-François Juskowiak eut le merveilleux privilège d'être le premier élève et assistant.

Très vite malgré le scepticisme des professionnels de l'époque ce fut une réussite.

De toute la France venaient des étudiants qui ont trouvé en cet endroit de quoi satisfaire leur soif d'apprendre.
Il ne faut pas oublier qu'à l'époque l'on ne trouvait que quelques batteurs qui donnaient des cours particuliers et ceci avec tous les aléas dus à leurs activités professionnelles.
Grâce à Jean-Louis Chautemps (saxophoniste de grand talent) qui dirigeait une classe de jazz au conservatoire de St Germain en Laye (autre grande première), Dante créa une classe de batterie dans ce conservatoire (une véritable innovation iconoclastique... ).

La fréquentation de l'école rue de la Fontaine au Roy et de ce conservatoire fut une véritable réussite, et le gratin national et mondial de la musique ne manquait pas au hasard des tournées de venir voir ce creuset de futurs batteurs.

Combien de fois n'a t'on vu entrer dans la salle de cours Claude Nougaro, Archie Sheep, Art Taylor, Max Roach, Sam Woodwyard, Elvin Jones, Benny Vasseur, Eddy Louiss et bien d'autres.
Claude Nougaro
Claude Nougaro
Max Roach
Max Roach
Eddie Louiss
Eddie Louiss
Elvin Jones
Elvin Jones
A la fin de la seconde guerre mondiale après une difficile expérience au S.T.O. (service du travail obligatoire) en Allemagne, Dante commence sa carrière professionnelle avec Joss Baselli, Pierre Schaub, Bruno Juskowiak.

Les tournées s'enchaînent, il est alors remarqué par Jacques Hélian (orchestre vedette de l'après guerre où le hasard voulut que Dante Agostini, Kenny Clarke et Jacques-François Juskowiak y aient tenu la batterie à des époques différentes).

Ainsi en 1952, c'est le début d'une longue carrière parisienne. Baselli, B. Juskoviak et Dante prennent quartier place Goudeau sur la Butte Montmartre (à côté du célèbre bateau lavoir où Picasso et les peintres cubistes avaient élus domicile).

Dante autodidacte éprouve le besoin, devant les réalités de son métier, d'approfondir ses connaissances en solfège avec l'aide de Bruno Juskowiak (violoniste premier prix de conservatoire).

Il travailla avec ardeur à l'élaboration d'un ouvrage qui fut l'ancêtre de l'actuel volume 2.

Le virus de la pédagogie ne le quitta plus et le reste de sa vie fut consacré à l'écriture de méthodes.

L'idée de génie qui aujourd'hui paraît d'une banalité déconcertante, fut d'attribuer un "doigté" de lecture immuable (première double à droite, deuxième à gauche, troisième à droite, et quatrième à gauche, pour les droitiers évidemment).

Ceci peut paraître risible aujourd'hui mais à l'époque c'était une véritable révolution pour les batteurs et percussionnistes (surtout débutants) car personne ne savait par exemple de quelle main jouer une croche pointée et une double croche, pour ne donner qu'un exemple enfantin.
Des saxophonistes célèbres venaient même jouer avec lui les pages du Solfège Syncopé (encore une révolution car aucun ouvrage ne traitait réellement de cette forme d'écriture).

Dante toujours aussi productif quant aux textes pédagogiques n'en assurait pas moins la batterie aux Folies Bergères, ainsi que l'accompagnement de Dalida et de Roger-Pierre et Jean-Marc Thibault.

Tout le gotha français ne manquait de venir le voir comme l'on va voir un sage avec les éternelles préoccupations, la technique, la lecture, le feeling. En ces occasions, il ne manquait de rappeler qu'il enseignait à se servir d'un instrument mais que la réussite d'un élève dépend surtout de sa sensibilité musicale, de son intelligence professionnelle et de son talent...

Quant à la lecture il ne cessait de répéter :
"Que penseriez-vous d'un analphabète face à un livre " ?
"La technique ne peut pas desservir un bon musicien puisqu'elle ne représente pas une fin en soi, elle ne peut que l'aider à mieux s'exprimer" (avec la génération des Vinnie Colaiuta et Dave Weckl, combien ses propos restent d'actualité).

N'oublions jamais combien de gens lui doivent aujourd'hui, pour certains avec une mémoire sélective, le plaisir de pouvoir vivre de leur instrument.


" Maître Agostini, ce n'est pas l'enfer (de Dante) mais le paradis que vous nous avez donné. "

Jacques-François Juskowiak
Directeur des Écoles Agostini
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